Ce qu’on vit (vraiment) dans la dépendance affective

Ce qu’on vit (vraiment) dans la dépendance affective

Définition ultra simple

 

La dépendance affective est un besoin affectif inassouvi et persistant, que l’on tente de combler de façon inappropriée avec d’autres personnes.

Pourquoi c’est si difficile d’en sortir

 

1) Conditions de vie de la dépendance affective

Pour qu’il y ait dépendance affective, il faut qu’il y ait une personne qui a grandi avec des manques.

Malheureusement pour lui/elle, le dépendant affectif a pris l’habitude de chercher de l’affection auprès de personnes inadaptées. Des personnes qui ne pourront jamais lui en donner. Et qui vont de surcroit le vider de toute énergie et lucidité.

Car une personne « équilibrée » ne cherchera jamais à rassurer autant un dépendant affectif. Une si grande demande d’affection ou une telle démonstration d’amour (pour être rassuré et aimé au final) l’effraiera. Il s’enfuira.

DONC : les seules personnes qui acceptent le dépendant affectif sont celles qui veulent en profiter. Soit pour se rassurer. Soit pour développer leur côté narcissique. Dans tous les cas, ils vont vampiriser leur partenaire :

  • en leur demandant toujours plus de preuves d’affection (de façon directe ou indirecte et subtile),
  • et/ou en créant des ruptures pour que l’autre revienne « se traîner à leurs pieds »,
  • et/ou en se faisant plaindre pour que l’autre les rassure, les réconforte, les mette sur un piédestal.
  • etc…

 

          2)  Voilà pourquoi on parle de dominé et de dominant dans la dépendance affective

Chacun des 2 partenaires a besoin de l’autre pour se développer (l’un = « dis-moi que tu ne vis que pour moi » ; l’autre = « dis-moi que j’existe car je t’aime et je ne vis que pour toi »). Pourtant il est clair que celui qui « dévore » l’autre est celui qui est sur le piédestal. Quand il n’aura plus besoin du regard de son partenaire, que ça ne lui suffira plus car il s’en sera lassé et que ça n’aura plus assez de force, il s’en détournera. Et il ira chercher ailleurs quelqu’un d’autre, qui puisse lui servir de nouvelle mise en valeur.

Parfois, le dominant agit de manière inconsciente. Mais il sait au fond qu’il n’aime que lui, et il ne l’avouera jamais, « même sous la torture ». Il recherche de manière plus ou moins déguisée l’approbation du public, qu’il séduit à tout prix : parfois par la mise en valeur physique, le culte du corps, le pouvoir de l’argent, la notoriété, …

Attention, que les choses soient claires : je ne dis pas que tous ceux qui cultivent leur corps, sont riches ou ont une position sociale favorisée, de notoriété ou de pouvoir, sont des dominants affectifs. Bien sûr que non.

PAR CONTRE, tous ceux qui recherchent un dominé sont nécessairement des dominants. Et cela se voit dans le manque d’harmonie et d’équilibre qu’il y a au sein du « couple ». Les amis, la famille et l’entourage ne le voient pas toujours. Le dominé non plus. C’est pour cela qu’il est aussi compliqué de sortir de ce schéma de dépendance affective tout autant addictif que cancérigène.

 

3) L’alternance entre lucidité et manque de lucidité

Le dépendant affectif oscille toujours entre des extrêmes :

– il peut être très heureux un jour et très malheureux le lendemain ;

– être sûr d’être aimé le lundi, puis s’entendre dire qu’il ne « convient » plus à son partenaire le mardi ;

– penser qu’il va se fiancer le mercredi, et apprendre que son partenaire le trompe le jeudi ;

– croire partir en weekend le vendredi, et être quitté le samedi !

 

4) L’enfer désiré des montagnes russes

La dépendance affective fait vivre de véritables « montagnes russes », et c’est justement ce qui accroche. Car le dépendant veut tellement exister en étant aimé (et donc en aimant), qu’il donne tout de lui et se dévoile entièrement.

Le fait de se dévoiler n’est pas forcément mauvais. Mais le dépendant se met tellement à nu, et face à quelqu’un de vampirisant, que l’autre comprend exactement ce qui lui fait peur tout autant que ce à quoi il aspire.

Alors le dominant joue avec le dominé sur ce tableau notamment, et sur bien d’autres aussi. Il profite de sa position pour souffler le chaud et le froid, et pour faire si peur de quitter, puis promettre tout à coup tant de merveilles, que l’autre s’accroche encore et toujours davantage.

Le dominé veut donc tellement être aimé qu’il oublie tout ce qui le concerne. Il oublie son bien-être, son existence, sa personnalité, et parfois même, dans les cas extrêmes, sa sécurité. Pourtant, il est convaincu que les phases « hautes » (de bonheur) qu’il connait valent la peine de souffrir et de vivre des phases insupportables. Car il touche de temps en temps du doigt ce à quoi il aspire, ce qui le fait rêver, ce qu’il idéalise.

DONC on comprend ici quelque chose de fondamental : ce n’est pas du partenaire dont le dominé est amoureux. En réalité, c’est de l’image qu’il s’en fait et de l’idéal auquel il aspire. Idéal que son partenaire lui fait vivre de temps en temps, parfois sur de longues périodes, comme un marchand de rêves. Le dépendant est en réalité dépendant de l’idée-même qu’il se fait de l’amour et d’une relation. De sorte qu’il deviendra accro à toute relation un tant soit peu longue ou stable.

 

4) La difficulté à réaliser la dépendance

A la base déjà, une première et immense difficulté vient du fait que « se dire qu’on est dépendant, c’est s’avouer qu’on n’est pas maître de soi ». Et c’est accepter consciemment d’être dominé, ce que l’égo empêche souvent.

Alors la personne dépendante se raccroche toujours à l’idée des beaux moments qu’elle vit, au fait que dans tout couple il y a des hauts et des bas, à l’idée que « on ne va pas tout gâcher au bout de tant de temps », que « on n’a pas fait tout ça pour rien », que « on est fier d’avoir à ses côtés quelqu’un qui a du caractère/est beau/nous fait rêver, …ou tout à la fois », etc., etc., …

Ensuite, elle est convaincue que ceux qui lui disent que sa situation n’est pas la bonne, sont soit jaloux, soit ne comprennent pas le bonheur qu’elle peut vivre car ils sont « trop simples » dans leurs attentes et n’aspirent pas à un idéal aussi absolu. Alors, à chaque fois où on dit à la personne en souffrance de se préserver, ou de faire attention, ou de prendre du recul, ou carrément de sortir de cette situation, elle s’y accroche encore plus par opposition, en se disant que les autres ne peuvent pas savoir la chance qu’elle a, car ils n’ont pas le bonheur de vivre ses « moments merveilleux et de gloire ».

Et parfois même, le dépendant commence à cacher les moments difficiles pour ne montrer que le côté « paillettes » de la situation, et mettre davantage l’aimé-dominant sur un trône. Ce qui semble encore justifier sa souffrance : « il/elle est merveilleux/se, ça vaut bien des moments difficiles ».

Le problème est que ces moments sont réguliers, cycliques, schématiques, et destructeurs.

 

5) Le chaud/le froid, l’extase/la douleur

Par ce qu’elles ont vécu dans leur passé, les personnes dépendantes affectives ont une personnalité profonde caractérisée par une nature dépressive parfois, exacerbée, une hypersensibilité au rejet, qui les rend vulnérables aux techniques de manipulation.

Le dépendant réagit à l’inverse du bon sens et de façon incohérente lorsqu’on le maltraite : au lieu de se détacher de celui qui le maltraite, il se sent coupable de cette maltraitance : « s’il me rejette, c’est que je le mérite, que je fais mal quelque chose, que je ne suis pas à la hauteur ».

Une personne dépendante affectivement est donc particulièrement sensible aux « montagnes russes » que lui fait vivre l’autre partenaire, et dont elle a besoin pour se sentir exister. « Il/elle m’aime ? Je suis la personne la plus heureuse du monde, et je n’ai plus besoin de personne d’autre » ; la famille et les amis sont alors souvent relégués au second plan, si ce n’est pour parler de l’être adoré. « Il/elle ne m’aime plus ? Je suis la personne la plus malheureuse du monde. Je suis certain que tout est de ma faute et que je n’ai pas assez fourni d’efforts (puisque l’être aimé est parfait à mes yeux et que de toutes façons, je veux être à ses côtés coûte que coûte) ». Dans ces moments, les amis et la famille redeviennent indispensables pour parler, essayer de trouver à plusieurs des « stratégies », se/être réconforté.

Mais ils en ont souvent vite assez de n’entendre parler que de l’autre partenaire, alors ils commencent parfois à « éviter » la personne dépendante, ou, de façon plus radicale encore, lui disent qu’ils en ont assez de l’écouter se plaindre et monologuer sur un seul sujet.

D’autant que, vu de l’extérieur, cette situation a tout d’une situation paradoxale et incohérente ! Pourquoi en effet continuer à aimer quelqu’un qui persécute ou ne convient pas ? Et pourtant …

 

6) Les peurs exacerbées

Les personnes dépendantes, nous l’avons vu, manifestent un besoin affectif exacerbé dans leurs relations. Ce besoin vient de leurs craintes profondes et les amplifie encore, ce qui déclenche un véritable cercle infernal (je parle de cercle puisqu’il est compliqué d’en sortir et que, pour l’instant, le dépendant est prisonnier de sa propre dépendance). Et ce cercle se transforme même en spirale (si vous regardez l’image symbolique de la spirale, elle s’élève et se rétrécit : élévation de l’intensité de la dépendance et des craintes ; rétrécissement de la possibilité d’actions indépendantes et auto-construction d’une prison).

Rappelez-vous : le dépendant n’est pas accro à l’autre personne en tant que telle. Il voit bien ce qui ne va pas, il n’est pas fou ni stupide ! Mais il/elle est accro à l’idée de vivre un amour absolu, qui lui enlève ses peurs (peur de la solitude, de l’abandon, du manque, …). Il s’accroche donc à tout ce qui le réconforte sur ces points dans l’autre personne : une relative stabilité ; des marques d’affection, même si elles sont épisodiques voire sommaires ou très rares, … Et il ignore volontairement ce qui ne va pas (sous le fameux prétexte -et c’est vrai !- qu’aucune relation ne peut être totalement parfaite).

 

EN CONCLUSION

Si vous êtes une personne dépendante affectivement, vous vivez très certainement une relation instable, faite de hauts et de bas. Il se peut que vous vous soyez déjà séparé(e) sans bien comprendre pourquoi. Ou que vous ayez le sentiment de ne jamais en faire assez. Et, dans tous les cas, une chose est certaine : vous aimez l’autre par-dessus tout. Et bien plus que vous, même si vous ne voulez pas l’avouer.

Les gens autour de vous ont souvent du mal à vous comprendre, c’est pourquoi vous ne leur dites pas tout. 

Que vous vouliez poursuivre votre relation ou vous en détacher pour repartir sur une relation au sein de laquelle vous aurez moins d’efforts à faire car vous serez vous-même, une chose est certaine : c’est difficile, certes, mais PAS DU TOUT IMPOSSIBLE.

LE PREMIER  PAS NE DEPEND QUE DE VOUS, alors arrêtez de vous motiver, et passez à l’action !!!

 




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Coaching avec RedDingue

Emmanuelle Chavey, coach expert en estime de soi et impact. Auteur du blog, des centaines de situations particulières suivies. Analyse et conseils précis. Vous n’achetez pas du temps: vous achetez un RESULTAT !

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